Oui, je suis vraiment très en colère. Une colère, dure et noire, mauvaise et violente, impuissante et rageuse, envahit ma vie, ma tête et mon corps, une colère contre tous ceux à qui notre société donne un peu de pouvoir. Combien d'entre eux s'engagent-ils à sauver une part de notre humanité, combien d'entre eux prennent-ils fait et cause contre le fascisme qui vient.
Je suis tellement fâché contre tous ceux qui nous « gouvernent », qui pilotent à vue (à courte vue) le Titanic sur lequel nous sommes tous embarqués, contre tous ceux qui acceptent que la sauvegarde des taux de profit importe plus que la sauvegarde de l'humanité, je suis dans une telle fureur et dans une telle impuissance que je ne sais plus quoi faire !
Bien sûr nous souhaitons changer de ministres en sachant que cela ne sert à rien, bien sûr nous souhaitons nous débarrasser d'un président qui a fait moult fois la preuve de son incompétence mais nous ne souhaitons mettre personne à sa place, bien sûr nous rêvons de jeter aux orties cette constitution qui n'est plus qu'une serpillère, mais nous avons bien du mal à croire qu'une autre serait meilleure.
Que faire ? Comment répondre à un monde de plus en plus bloqué et de plus en plus violent ? Quelles armes allons nous prendre ? Comment sortir concrètement du rapport de soumission au capital ? Comment ne plus payer pour assurer la survie d'un système mortifère ? Quelles sont les leviers possibles ?
Première chose à faire, de façon décisive et approfondie, regarder en face notre faiblesse et leur force et analyser le pourquoi du comment. La montée du fascisme apparaît comme une mécanique irrésistible. Quels en sont les véritables ressorts ?
Nous faisons face à toute une galaxie d'hommes et de femmes totalement radicalisés, cyniques, violents, intransigents, sûrs d'eux-mêmes, sûrs de leurs droits, insensibles aux conséquences de leurs choix. Chez eux, être étroits d'esprit, réactionnaires, égoïstes, ce ne sont pas des tares. Ce sont des postures légitimes.
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La victoire du capitalisme financier entraine des crises de plus en plus sévères. Les possédants, qui sont par nature les grands défenseurs d'un capitalisme absolu, ne savent plus comment faire et n'ont d'autre choix que de promouvoir le pire pour tenter de sauver leurs privilèges. Ils mettent tout leur pouvoir, leurs réseaux, leurs moyens financiers dans l'avènement d'un fascisme qu'ils pensent pouvoir contrôler.
Le fascisme est aussi le produit direct du désespoir populaire. Une énorme majorité de gens ressentent l'avenir comme menaçant et savent qu'ils n'ont aucune prise, aucun moyens d'action pour contrer les inéluctables catastrophes, écologiques, sociales et économiques.
Le capitalisme est en crise grave, tout le monde en est convaincu et chacun pour soi cherche la moins mauvaise issue, la moins pire des survies possibles. Pour beaucoup, le fascisme peut apparaître comme une dernière tentative, désespérée...
Refuser le désespoir... Reconstruire inlassablement l'espoir...